Le ministre Darcos a lancé avec son Ministère de l'Education un appel d'offre pour un programme qui piste sur Internet tout ce qui pourrait constituer un risque d'opinion. L'objectif est de détecter les lanceurs d'alerte, d’anticiper les effets de contagion, et de limiter les crises dans lesquelles les ministères se trouveraient impliqués.
Le projet s’élève à 220 000 euros et est lancé conjointement avec le Ministère de l'Enseignement Supérieur. Clé de voûte du dispositif, le passage en mode alerte qui permettra aux autorités de localiser les sources de troubles et d'identifier les crises potentielles avant même qu'elles surgissent. Un appel d’offre précédant avait était lancé par le Service d'Information du Gouvernement (SIG) qui souhaite surveiller tout ce qui se dit et s'écrit au sujet du gouvernement sur les sites en ligne.
Les cibles sont les sites commentateurs de l’actualité, revendicatifs, alternatifs, informatifs, participatifs, politiques, syndicalistes, militants d'associations et les leaders d'opinions et les lanceurs d'alerte. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.). L’analyse permettra un suivi précis de l’évolution de l’opinion des internautes et des arguments émergents relayés et commentés sur ce canal. Les médias traditionnels sont aussi concernés mais ne semblent pas être considérés comme un risque particulier.
Dans le but d'anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise, le prestataire devra aussi utiliser toutes les informations qui préfigurent un débat, un risque d’opinion potentiel, une crise ou tout temps fort à venir dans lesquels les ministères se trouveraient impliqués. En résumé, il s'agit de pister les embryons de débats qui constituent un risque d’opinion, avec pour objectif de limiter les répercutions politiques négatives.
Objectifs
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Identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles ou émergents)
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Identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion
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Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau
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Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation
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Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)
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Suivre les informations signifiantes dans le temps
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Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires, audience, etc.)
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Rapprocher ces informations et les interpréter
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Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise
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Alerter et préconiser en conséquence Les informations signifiantes pertinentes sont celles qui préfigurent un débat, un « risque opinion » potentiel, une crise ou tout temps fort à venir dans lesquels les ministères se trouveraient impliqués.
Darkos strike back
Début janvier 2009, deux policiers de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur, anciens RG) dans son lycée sont allés se renseigner sur un lycéen de 15 ans du Perreux-sur-Marne auprès de son proviseur. Son tort : avoir voulu informer sur les réformes Darcos. Pas d'injure ni de propos diffamatoires, pas d'appel à la haine ni au rassemblement. A première vue rien qui ne puisse porter atteinte à la sûreté de l'Etat. Pourtant selon les deux policiers le lycéen fomentait une micro révolte.
Les pressions ont réussies. Le blog a été fermé par le co-auteur, sous prétexte d'un nombre insuffisant de visites, seulement quinze, c’est dire son influence… L'élu PS et les parents de l’adolescent craignent surtout qu'il ne soit désormais fiché sur EDVIRSP (anciennement fichier EDVIGE), qui recense les personnes dont l'activité individuelle ou collective indique qu'elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique.
Selon un haut fonctionnaire de la police, les deux policiers ont repéré ce blog via la veille qu’ils opèrent sur internet (un rapport avec l’appel d’offre précédemment citée ?) Sur ce site apparaissaient les prénoms et numéros de téléphone des deux auteurs. Estimant que le blog était intéressant et bien fait, les deux agents ont cherché à les identifier, et ce dans le cadre de leur mission de suivi des manifestations lycéennes. Selon lui tout fichage est impossible, fichier EDVIRSP étant actuellement dans les tuyaux de la Cnil