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L’histoire d’Exxon, qui est également la doyenne des grandes compagnies mondiales, est étroitement liée à l’évolution du libéralisme économique depuis la fin du XIXe siècle car son fondateur, John D. Rockefeller I, fut le premier à en exploiter tout le potentiel en développant le principe du trust . En contrôlant toutes les étapes, de l’extraction à la commercialisation en passant par le transport, via une participation majoritaire secrète dans une multitude de sociétés intermédiaires, il parvint d’abord à dominer le marché du pétrole nord-américain en ruinant ses concurents avant de s’attaquer à ses rivaux au plan mondial. Si les méthodes agressives ayant permis à Rockefeller de contrôler 90 % du marché états-unien de l’énergie en 1910 furent largement documentées, inspirant même les lois anti-trust modernes, elles ne figurent toujours pas dans les manuels d’histoire.
Face aux deux majors mondiales, British-Persian Petroleum Company qui exploitait principalement les gisements de l’Iran actuel, et la Shell, basée dans les anciennes colonies hollandaises d’Indonésie et d’Asie du Sud-Est , et afin de ne pas sépuiser dans des luttes mutuelles qui occasioneraient une baisse des prix, Rockfeller proposa de partager le globe en grandes zones pétrolifères. Elles devaient pour cela éliminer ou prendre le contrôle de tous les petits producteurs locaux et nationaux. La Première Guerre mondiale leur offrit cette occasion.
Rockfeller finança comme nul autre l’aventure militaire nazie en espérant renverser les Bolcheviques et rouvrir l’accès au pétrole de l’URSS. Le procédé d’hydrogénation nécessaire pour produire du carburant synthétique à partir des ressources abondantes de charbon sur lesquelles l’Allemagne pouvait compter fut développé et financé par la Standard Oil en partenariat avec I.G. Farben, qui produisait également les armes chimiques utilisées au combat et produirait ultérieurement les gaz utilisés dans les camps d’extermination. Bien que les nazis aient échoué à ouvrir les gisements russes, la guerre du Pacifique permit à Standard Oil de prendre le contrôle de nombreux gisements de cette région qui était auparavant la chasse gardée de Shell.
Depuis le milieu des années 70 et la découverte de gisements importants dans le bassin de la mer Caspienne, Exxon et quelques autres compagnies plus modestes comme Unocal n’ont cessé d’influencer la politique de Washington dans la région. Depuis le financement des moudjahidins de Ben Laden contre l’occupation soviétique de l’Afghanistan, de manière à faire obstacle à l’exportation du pétrole russe vers le sud, jusqu’au méga-projet de pipeline Bakou-Tblissi-Ceyhan qui implique l’installation de bases militaires de projection rapide pour la protection des infrastructures, Exxon-Mobil et le Pentagone marchent main dans la main pour tenter d’affranchir les États-Unis de leur dépendance vis-à-vis du Moyen-Orient.
En Indonésie Exxon avait passé un accord avec le général Suharto pour assurer la protection du site par l’armée aux frais de la multinationale. Des ONG ont rapporté que, durant les années 90, plus de 1000 personnes furent tuées, torturées ou disparurent aux mains de l’armée, qui les détenait souvent dans les locaux appartenant à Mobil. Une action en justice a été intentée par l’International Labor Rights Fund mais la procédure, déjà lente auparavant, a été ralentie davantage depuis le début de la guerre au terrorisme: la défense d’Exxon invoque le fait qu’une action contre la compagn.ie et le gouvernement indonésien saperait leurs efforts dans la lutte contre les terroristes islamistes.
Concernant l’Irak, Exxon-Mobil a usé de son statut de plus grande compagnie pétrolière états-unienne pour jouer un rôle prépondérant dans l’escalade qui a abouti à l’invasion et au chaos actuel, au point que l’une des bases avancées de l’US Army s’est vue baptisée du nom de cette société. Jusqu’à présent, les attentes ont été déçues par les sabotages et l’enlisement des troupes étasuniennes face à la résistance acharnée du peuple irakien

Greanpeace a détourné le célèbre slogan d’Esso : « Mettez
un tigre dans votre moteur ! », en anglais « A tiger in the tank »
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